Alex et Noémie, la trentaine, voudraient avoir un enfant. Mais leurs plans sont chamboulés quand Suzanne, la mère d’Alex, se met à faire de sacrées conneries. C’est parce qu’elle a contracté une “démence sémantique“, maladie neurodégénérative qui affecte son comportement. Elle dépense sans compter, rend des visites nocturnes à ses voisins pour manger des tartines, se fabrique un faux permis de conduire avec de la colle et des ciseaux. Suzanne la maman devient Suzanne l’enfant ingérable. Drôle d’école de la parentalité pour Noémie et Alex !

« Une vie démente » parle de la terrible déchéance des personnes atteintes de démence sémantique, une maladie neurodégénérative du même type qu’Alzheimer. La démence sémantique s’attaque d’abord aux lobes frontaux-temporaux qui régissent le langage et le comportement. Le malade perd petit à petit ses mots et son inhibition. Il perd les codes de la vie sociale. Jo Deseure, qui incarne la mère démente, devient un enfant ingérable jusqu’au parallèle entre la mère amoureuse d’art et une pré-ado qui colorie sur des feuilles de papier, jusqu’au parallèle entre un bébé qui savoure le vent et la mère à qui l’on donne à manger.

La mise-en-scène est particulière car il y a beaucoup de face caméra pour expliquer les situations notamment chez les médecins, à la banque. Il y a une recherche colorimétrique des vêtements par rapport aux décors. Celle-ci vient de la housse de couette que la mère offre à son fils en début de film et représente l’envahissement de cette maladie sur toute la famille. Petit-à-petit le décor fleuri investit la vie de la famille jusqu’à ne leur laisser plus aucune place. La réalisatrice et le réalisateur ont choisi un ton naturel, presque improvisé pour les dialogues qui donne un ressenti de dynamisme et de partage avec la.le spectateur·trice.

J’ai parfois été gêné par le traitement léger de cette terrible maladie et en même temps ce ton léger que l’on retrouve dans tout le film et la sympathie que l’on a pour le couple comme pour la mère grâce à la mise-en-scène et au traitement des images donne un film finalement joyeux et agréable à regarder. J’ai beaucoup aimé l’acceptation des délires de la mère qu’à le couple et leurs amis (ou membres de la famille) car, finalement, personne n’y peut rien à cette situation dramatique, alors autant la prendre comme elle vient et rester naturel.

Fiche technique
Titre : Une vie démente
Réalisation : Ann Sirot et Raphaël Balboni
Avec : Jean Le Peltier, Jo Deseure, Lucie Debay, Gilles Remiche
Genre : Comédie dramatique
Pays : Belgique
Date de sortie : 04/11/2020 (Belgique) – Inconnu (France)
Durée : 1h30

Affiche du film « Une vie démente » de Ann Sirot et Raphaël Balboni
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