Virginie Despentes au Théâtre de la Toison d’Or est un événement.

J’avais peut-être oublié la teneur du manifeste féministe punk de Virginie Despentes de 2006. C’est face à un texte ardu, difficile et plus que jamais d’actualité devant lequel je me suis retrouvé.
Quel plaisir et quel bonheur d’entendre ces mots déclamés avec brio par 3 actrices de grands talents : Marie-Noëlle Hébrant, Maud Lefebvre, Delphine Ysaye. Elles nous ont parlés avec beaucoup de justesse de féminité, de féminisme, de masculinité, de masturbation, de kinder surprises, de viol, d’infériorité, de dictat mâle,… le tout dans une mise-en-scène visuelle très réussie de Julie Nayer.

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf… ».

Le claque que nous livre le spectacle est tout simplement une évidence face à la libération de la parole qu’a apporté l’affaire Weinstein et surtout les débats sur l’égalité qui en ont suivi car la libération ne parle pas que d’agressions physiques, elle parle aussi des inégalités qui font la une des médias au quotidien. Hier, c’était le salaire de l’actrice Claire Foy, interprétant la souveraine dans la série Netflix The Crown, qui faisait débat. Aujourd’hui, c’est celui d’Alexandra Lamy, trois fois inférieur à celui de Jean Dujardin dans la série Un Gars, Une Fille sur France Télévision. Et demain ?

Le spectacle rappelle que « comprendre les mécaniques de notre infériorisation (…), c’est comprendre les mécaniques de contrôle de toute la population ». Un uppercut qui laisse la trace cuisante de ses cinq doigts sur les joues de tous les spectateurs, hommes et femmes.

Plus d’infos
www.ttotheatre.com

King Kong Theorie – TTO – Affiche

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