L’affaire démarre le 19 avril 1989, date à laquelle des jeunes afro-américains décident de se rendre, la nuit tombée, dans Central Park à Manhattan (NYC). Si des jeunes sont venus foutre le bordel par s’amuser, d’autres sont juste là par hasard. La police intervient et arrête à l’aveugle certains d’entre eux. Les policiers pensent juste les sermonner mais lorsque Trisha Meili, une joggueuse de 28 ans, est découverte dans un buisson agonisante, l’affaire prend une tournure criminelle. La procureur de district de Manhattan Linda Fairstein exige des policiers qu’ils questionnent les jeunes qu’ils viennent d’arrêter. Elle est persuadée d’être en face de sauvages et espère conclure l’affaire rapidement quitte à produire des aveux sous pressions et sous violences policières.

Elle découvrira rapidement que son dossier est faible et demandera au juge de scinder l’affaire en deux procès afin de brouiller les pistes des incohérences de son enquête. Ce qu’elle obtiendra. L’affaire devint très médiatisée, peut-être même la plus médiatisée des années 80. Le Président actuel des Etats-Unis, Donald Trump, jouera également un rôle essentiel dans la campagne raciste dont sont victimes les cinq inculpés âgés de 14 à 16 ans. L’homme d’affaires a dépensé 85.000 dollars pour acheter une tribune dans les plus grands journaux new-yorkais réclamant la peine de mort pour les cinq garçons : Je déteste ces braqueurs et ces meurtriers. Ils doivent souffrir. Quand ils tuent, ils doivent être exécutés pour leurs crimes. Ils doivent servir d’exemples pour que les autres y réfléchissent à deux fois avant de commettre un crime de la sorte ou un tel acte de violence.

Le premier épisode de la mini-série réalisée par Ava DuVernay pour Netflix plante le décor que je viens de décrire. Le second épisode s’attarde sur le procès des 5 jeunes et leur inculpation. Le troisième épisode montre la sortie des 4 criminels ayant été incarcérés dans un établissement pour jeunes. 4 sur 5 car Khorey Wise a 16 ans au moment des faits et purgera sa peine dans une prison pour adultes. Sa douloureuse incarcération est détaillée dans le 4ème et dernier épisode de la série avec un happy end car en 2001, Matias Reyes avoue être le seul coupable de l’agression de Trisha Meili. Les cinq de Central Park obtiendront une annulation de leur casier judiciaire et un dédommagement de la ville de New York de 41 millions de dollars qu’ils recevront en 2014.

Depuis la diffusion de la série, Linda Fairstein, incarnée dans la série par Felicity Huffman, est au cœur d’une vague d’indignation qui se caractérise par un ensemble de tweets répertoriés sous le mot-dièse #CancelLindaFairstein. Celle qui mena l’enquête des 5 jeunes est dépeinte comme une vile personne opportuniste qui a couvert les conditions d’interrogatoires, la violence (verbale ou physique) et l’instrumentalisation quasi politique de leur incarcération.

Linda Fairstein avait quitté son poste de procureur en 2002 pour devenir écrivaine à succès de livres policiers et de thrillers. Elle réclame 75.000 $ de dommages et intérêts pour pertes économiques et opportunités de carrière perdues. Elle a effectivement été contrainte de démissionner des conseils d’administration de plusieurs organisations et son éditeur Dutton a mis fin à sa collaboration avec la romancière.

Elizabeth Lederer est la procureur qui a défendu les intérêts de Trisha Meili au tribunal en suivant l’enquête menée par Linda Fairstein. Dans la série, elle sait pertinemment que les faits sont tronqués. Depuis la sortie de « When They See Us » (Dans leur regard) sur la plateforme, elle est également mise au ban et a décidé de ne pas renouveler son mandat de conférencier à la Columbia Law School. Dans la série, elle est interprétée par Vera Farmiga (Lorraine Warren dans la trilogie horrifique « Conjuring », la mère de Norman Bates dans la série télévisée « Bates Motel »)

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