Après un an d’absence, le voici de retour ! Le concours Eurovision de la chanson aura lieu la semaine prochaine. Deux demi-finales (mardi 18 et jeudi 20) permettront de choisir les 20 participant·e·s qui rejoindront, pour la grande finale du 22 mai 2021, le BIG 5 (les 5 pays qui contribuent le plus financièrement – Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni) et le pays-hôte, les Pays-Bas. Car en effet, l’édition 2021 aura lieu à Rotterdam, chez nos voisins bataves. Et pour ne pas être complètement à la ramasse lors de votre prochain apéro en terrasse, voici ce que vous devez absolument savoir sur le plus grand show télévisé du monde !

Malgré la pandémie, un concours en présentiel !

Après avoir été contraint d’annuler l’édition 2020 (une première dans l’histoire du concours), plusieurs plans ont été échafaudés pour pouvoir organiser le concours le plus normalement possible cette année. C’est finalement l’un des scénarios les moins contraignants qui a été choisi. A l’exception de la délégation australienne, tous les participants ont fait le voyage jusqu’à Rotterdam et se produiront à la Rotterdam Ahoy, une salle d’une capacité de 16.000 places. Les 38 pays présents (avec l’Australie, ils sont donc 39 à prétendre à la victoire) vivent depuis plus d’une semaine dans une bulle sanitaire : masque obligatoire sauf sur la scène, déplacements limités, test pour l’ensemble de la délégation, de la presse et des équipes de production toutes les 48 heures. Si une personne est testée positive, elle est mise en isolement et les autres membres d’une même bulle se retrouvent alors en quarantaine en attendant les résultats de tests plus approfondis. Jusqu’à présent, deux délégués (polonais et islandais) ont été testés positif et le restant de ces délégations se trouvent actuellement en quarantaine. 

Que se passe-t-il, du coup, si l’un ou l’une des artistes est testé·e positif·ve le jour de sa demi-finale ? Tous les participatant·e·s ont pré-enregistré, dans leur pays respectif, leur prestation dans les conditions du direct. C’est ce qu’on appelle une live-on-tape performance. Des lignes directrices ont été établies pour garantir une équité entre les talents. En cas d’incapacité à monter sur la scène de Rotterdam (test positif ou, comme pour l’Australie, impossibilité de faire le voyage), ce sera la live-on-tape performance qui sera diffusée et le talent en lice gardera donc toutes ses chances de victoire finale. 

Autre prouesse au vu des circonstances, un public de 3.500 petits chanceux aura l’occasion d’assister aux différents shows depuis les gradins de la Rotterdam Ahoy. Seuls les heureux propriétaires d’un précieux sésame pour l’édition annulée de 2020 pouvaient prétendre à l’achat d’un billet. Et tous devront se faire tester le jour même de l’événement dans des centres disséminés partout aux Pays-Bas. Enfin, pour suivre cette édition bien particulière du festival, le bon millier de membres de la presse peut assister à toutes les répétitions soit sur place, soit dans un centre de presse virtuel, depuis la maison. L’organisation de ce concours a donc dû redoubler d’ingéniosité mais jusqu’à présent, tout fonctionne particulièrement bien. 

L’expérience et le professionnalisme d’Hooverphonic au service de la Belgique

La Belgique participera à la première demi-finale que vous pourrez, bien entendu, suivre sur RTBF la Une dès 21 heures, ce mardi 18 mai 2021. Vu que l’édition 2020 a été annulée, la RTBF et la VRT se sont accordés pour que le diffuseur néerlandophone soit à nouveau chargé de choisir notre représentant. Après avoir misé sur de jeunes talents issus de The Voice (Loïc Nottet, Laura Tesoro, Blanche, Eliot,…), le choix s’est porté sur un des groupes les plus célèbres et expérimentés de notre paysage musical tricolore, Hooverphonic. Longtemps pressentis pour fouler la scène de l’Eurovision, Alex Callier et Raymond Geerts ont enfin accepté de relever le défi. Dans cette tâche difficile, ils seront accompagnés, ni plus ni moins, par la voix emblématique du groupe, la sublime Geike Arnaert. La chanson, « The Wrong Place », est un titre dans la plus pure tradition de Hooverphonic. Qui plus est, il s’agit d’une contribution 100% belge puisqu’elle a été composée par Alex Callier et la jeune Charles, alias Charlotte Forêt, gagnante de la saison 8 de The Voice Belgique. 

« The Wrong Place » par Hooverphonic

Alors, soyons clairs, notre pays ne figure pas parmi les favoris de cette édition. Mais lors des journées de répétition, Geike, qui n’a rien perdu de la grande époque de « Mad about you » ou « Jackie Cane », a ébloui les observateurs par son interprétation sans faille. Nul doute que l’univers décalé et épuré de nos représentants sera une bouffée d’oxygène au milieu d’une profusion de paillettes, robes courtes et chorégraphies millimètrées. 

Un concours plus indécis que jamais

Si, durant les éditions précédentes, les pronostiqueurs semblaient rapidement s’accorder sur un grand favori au terme des premières journées de répétition, ce n’est vraiment pas le cas cette année-ci. Les bookmakers semblent incapables de dégager une tendance claire. Et de fait, ce concours montrera encore toute sa diversité ! Il y en aura pour tous les goûts mais l’évolution 2021 est plutôt à la chanson up tempo et très dansante. Voici cependant ceux qui semblent être les principaux prétendants à la victoire finale. 

Tout d’abord, la France. De toute évidence et forts de plusieurs années de déception, c’est sans doute Barbara Pravi et le restant de la délégation française qui croient le moins en la victoire finale. La représentante bleu-blanc-rouge défendra son titre « Voilà », sélectionné sur France 2 au terme d’une (interminable) soirée de sélection présentée par Laurence Boccolini et Stéphane Bern (ceux-là même qui commenteront le concours sur France 2 le 22 mai). Si cette participation, dans la plus pure tradition de la Chanson française (avec un grand C), fait furieusement penser à Edith Piaf et peut paraître un brin désuète dans le paysage musical francophone actuel, elle fait le bonheur des observateurs européens qui soulignent (à juste titre) l’exceptionnelle interprétation de la jeune autrice-compositrice. Barbara Pravi connaît déjà les rouages de l’Eurovision… mais plutôt Junior. C’est en effet elle qui a composé la chanson « J’imagine » de Valentina qui a remporté le concours Eurovision Junior en novembre dernier. La France organisera d’ailleurs la prochaine édition de ce concours de chansons pour enfants. Si elle l’emporte aussi chez les seniors, France Télévisions serait la première chaîne TV à faire le grand chelem la même année… et à devoir casser la tirelire pour organiser les deux concours. 

Dans un autre style, le groupe rock Måneskin talonne la France dans le classement des bookmakers. Le groupe italien, sélectionné lors du prestigieux festival de chanson San Remo, propose un rock glamour et alternatif et leur titre « Zitti e buoni » tranche avec les standards de l’Eurovision. Mais l’Italie a bien compris, depuis la deuxième place du beau Mahmood en 2019, que miser sur un titre décalé peut également permettre de sortir du lot. C’est certain, aucun autre pays ne viendra les concurrencer dans cette veine-ci. 

A l’image de Netta Barzilai et de son « Toy », gagnante en 2018 pour Israël, la thématique du droit des femmes est de nouveau portée par de nombreuses participantes. Dans ce filon-là, c’est la jeune Destiny Chukunyere de Malte qui semble sortir son épingle du jeu. Sa chanson « Je me casse » (ne vous emballez pas, seul le titre est en français) est un hymne à l’émancipation féminine. La demoiselle a gagné le concours Eurovision Junior en 2015. Et si elle empoche le jackpot samedi prochain, elle offrirait une première victoire à Malte qui participe pourtant depuis 1971. 

Le français semble en tout cas à la mode cette année puisque parmi les favoris, on retrouve également « Tout l’Univers », chanson 100% dans la langue de Molière. Elle est interprétée par Gjon’s Tears que les téléspectateurs les plus assidus de TF1 connaissent déjà. Avec son coach Mika, il avait en effet atteint la demi-finale de la saison 8 de « The Voice: La Plus Belle Voix ». Il représentera son pays de naissance, la Suisse. Il espère bien offrir à la Confédération Helvétique sa troisième victoire, 33 ans après le sacre d’une certaine Céline Dion

Enfin, je miserais personnellement une petite pièce sur le groupe islandais Daði & Gagnamagnið. Déjà candidats et favoris en 2020, leur titre de l’époque « Think about things » était devenu viral sur TikTok. Et si certains estiment que « 10 years », qu’ils interprèteront à Rotterdam cette année, est un peu moins efficace, ils n’empêchent que leur univers décalé et tout en couleurs pourrait, d’après moi, plaire aussi bien aux jurys qu’aux téléspectateurs. J’espère ne pas leur porter la scoumoune, moi qui suis un piètre pronostiqueur. 

J’aurais pu aussi évoquer la sulfureuse chypriote Elena Tsagrinou qui s’est attirée les foudres des orthodoxes religieux de son pays, le groupe lituanien The Roop déjà favori en 2020 et qui revient avec une chanson toute aussi énergique ou le groupe ukrainien de folktronica Go_A, tous tenteront de remporter la 65e édition du concours Eurovision, plus diverse que jamais. Réponse dans une semaine !

Partagez avec vos amis !Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Pin on Pinterest
Pinterest
Email this to someone
email