À partir des années 1960, Léon Lambert (1928 – 1987) ressentit le désir de partager sa passion pour l’art. Ce banquier visionnaire fut l’initiateur de la collection ING en Belgique. Voyageur dans l’âme, ce collectionneur d’œuvres d’art d’avant-garde enthousiaste et ambitieux avait pour objectif de partager sa sensibilité esthétique avec ses employés et clients.

Léon Lambert aimait s’entourer d’artistes et leur rendait régulièrement visite à New York. Aussi, on le voyait fréquemment en compagnie d’Andy Warhol qui venait dîner avec lui à Bruxelles, ainsi qu’aux côtés de Robert Rauschenberg et de Roy Lichtenstein. Sans oublier les expositions de Man Ray, Niki de Saint-Phalle et Paul Delvaux organisées dans le bâtiment de l’avenue Marnix.

À partir de 1983, le baron Lambert décida de vendre une partie de sa collection personnelle. La Banque Bruxelles Lambert en acheta quelques œuvres, mais le reste fut vendu chez Christie’s après son décès en 1987. Ce fut un tournant pour la banque : un nouveau départ et l’occasion de réaffirmer son engagement pour l’art. Elle remit la politique d’acquisition sur pied en achetant de nouvelles œuvres, organisant des expositions et autres activités visant à sensibiliser le public à l’art sous toutes ses formes.

Le groupe néerlandais ING racheta la Banque Bruxelles Lambert en 1997. Heureusement, ING soutenait aussi l’art avec passion depuis longtemps. Cela faisait partie intégrante de son identité, au même titre que l’innovation, la modernité et l’entreprenariat. C’est ainsi que la collection née 30 ans auparavant de la passion d’un Belge trouva une nouvelle impulsion grâce au soutien d’un groupe international qui comprenait sa pertinence pour la banque, mais aussi pour la société.

La Collection ING est une collection vivante qui évolue et se construit dans un questionnement constant de son rapport à l’art, aux collaborateurs de la banque et à la société. Dépassant une politique d’acquisition traditionnelle, elle y insuffle une dimension de partage à travers des collaborations avec des artistes. Au-delà de la possession des œuvres, elle questionne l’écosystème liant la collection, les expositions et les partenariats en s’engageant dans des initiatives qui associent le plus grand nombre. Ces différentes collaborations sont le reflet d’une évolution vers des communautés de création et instaurent des dialogues interrogeant le futur d’une collection d’entreprise.

Love. Hate. Debate. Start a conversation with the ING Collection

Love. Hate. Debate. Start a conversation with the ING Collection rassemble des œuvres de différentes périodes allant des origines de la collection à aujourd’hui. Parmi celles-ci seront présentées des œuvres plus historiques des années 1960-70 d’artistes tels que Robert Rauschenberg, Beverly Pepper, Gilbert and George, Pieter Engels, Eduardo Paolozzi ou encore Marcel Broodthaers. S’ils sont aujourd’hui considérés comme des figures importantes de l’art contemporain, ils témoignent aussi de l’esprit avant-gardiste de l’époque. Leur travail est mis en dialogue avec des œuvres monumentales des années 1990-2000 réalisées par des photographes tels que Thomas Ruff, Andreas Gursky, Craigie Horsfield, Gregory Crewdson, ou des artistes comme Daniel Buren, Allan McCollum, Antony Gormley ou Roni Horn.

Antony Gormley – Quantum Cloud IV (1999)

D’autres œuvres, plus récentes, témoignent de l’évolution de notre société et de l’expression d’histoires personnelles ayant une portée universelle comme celles de Mona Hatoum, Christiane Baumgartner ou Itamar Gilboa, et de quelques jeunes artistes tels que Kristof Kintera, Pieterjan Ginckels, Ariane Loze ou encore Cadine Navarro. Toutes nous montrent comment la banque a interrogé la pertinence d’une collection au cours des différentes décennies.

Cadine Navarro – Kiki (2017-2018)

L’exposition Love. Hate. Debate. Start a conversation with the ING Collection a été conçue de manière à donner une place centrale au ressenti des spectateurs et à inviter aux échanges et au partage autour de cette expérience. Des conférences, des workshops, des family visits ont été mis sur pied afin de visiter et appréhender l’exposition et la collection de différentes manières selon vos envies et l’expérience que vous avez envie de ressentir.

J’ai le plaisir d’avoir été connecté (parrainé) à l’œuvre de Mona Hatoum que vous trouverez au rez-de-chaussée de l’exposition. « Keffieh II » nous questionne sur le message profond qu’une œuvre peut nous laisser. Au premier regard, on découvre un foulard palestinien garni de symboles raffinés mais à y regarder de plus près, on découvre des fils d’acier, un fil barbelé violent qui contraste avec la douceur du tissu. Le langage formel d’Hatoum s’adresse davantage à notre corps qu’à notre esprit.

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