CINEMA : « Detroit » de Kathryn Bigelow

Il y a 50 ans, pratiquement jour pour jour, la ville de Detroit connaissait l’une des émeutes les plus meurtrières et les plus destructrices de l’histoire des États-Unis qui causa la mort de 43 individus, fit 467 blessés, il y eut 7 200 arrestations (80% sont des personnes de couleur) et 2 000 édifices furent détruits.

Le film de Kathryn Bigelow démarre sur le déclenchement des émeutes : il est 3h45. Nous sommes le dimanche 23 juillet 1967, des policiers de Detroit font un raid dans l’édifice du United Community League for Civic Action, au 9125 de la 12th Street. Ils ont été appelés pour tapage nocturne. Les policiers pensent qu’ils vont arrêter quelques personnes mais ils se retrouvent face à 82 Afro-américains célébrant le retour de GI qui ont combattu pendant la guerre du Viêt Nam. Ils décident d’arrêter tout le monde. Sur le trottoir, l’ambiance s’échauffe, des curieux commencent à se pointer. Le portier de la soirée clandestine lance une bouteille en direction des policiers, ces derniers quittent la scène mais sur place, la foule de curieux décide de casser les vitrines des magasins, de piller et de brûler des commerces.
C’est ainsi que démarrent les émeutes qui dureront 5 jours.

Après le placement des événements, Kathryn Bigelow se focalise sur un incident : celui de l’Argiers Motel, sorte de havre de paix en plein chaos où toutes les communautés se retrouvent pour faire la fête autour de la piscine.
Nous sommes dans le nuit du 25 au 26 juillet 1967. La police de Detroit reçoit un appel déclarant qu’il y a un sniper proche du motel. Ils décident d’intervenir par la force et arrêtent toutes les personnes présentent dans l’annexe du motel :
10 Afro-américains
– Michael Clark
– Carl Cooper (17 ans)
– Roderick Davis, membre du groupe de musique The Dramatics
– Larry Reed, membre du groupe de musique The Dramatics
– Lee Forsythe
– Robert Greene, vétéran du Viêt Nam (26 ans)
– Charles Moore
– Aubrey Pollard (19 ans)
– James Sortor
– Fred Temple (18 ans)
et 2 jeunes femmes blanches
– Juli Hysell (18 ans)
– Karen Malloy (18 ans)

Le film se transforme alors en huis clos. Kathryn Bigelow retrouve son scénariste Mark Boal avec qui elle avait travaillé sur Zero Dark Thirty (2012) et Démineurs (2009). Ensemble, ils récoltent des informations mais n’obtiennent pas toutes les réponses à leurs interrogations. Ils décident alors de romancer certaines parties de l’histoire.
Le huit clos se veut oppressant, dégoutant, volontairement à charge.

La nuit se termine, les survivants quittent le motel et démarre alors la troisième partie du film : le dénouement, c’est-à-dire le procès des trois policiers qui auront conduit cette affreuse affaire.

50 années sont donc passées entre ces événements et aujourd’hui. 50 années qui ont été marquées par le déclin de la ville de Detroit. Il semblerait que rien n’ait changé aux Etats-Unis. Au contraire. Les prisons sont toujours peuplées en majorité d’Afro-américains et le Président Obama n’a rien pu faire contre les discriminations raciales de son pays. Et ce n’est pas le fou actuel qui pourra changer quelque chose…

Affiche du film « Detroit » de Kathryn Bigelow

Sortie cinéma : 11 octobre 2017 (Belgique – France)
avec John Boyega, Anthony Mackie, Will Poulter
durée : 2h02


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