Emmanuèle Bernheim et Alain Cavalier sont liés par trente ans d’amitié. Ils préparent un film d’après le livre autobiographique de la romancière : Tout s’est bien passé. Elle y raconte comment son père lui a demandé d’en finir (se suicider) à la suite d’un accident cardio-vasculaire. Au même moment, son amie Anne décide de se donner la mort par assistance médicale suite à une cancer incurable. C’est le début de la tranche de vie qu’Alain Cavalier a décidé de nous raconter dans ce film documentaire qui n’aurait jamais du voir le jour.

Alors que l’histoire du film se met en place, Emmanuèle téléphone à Alain pour lui annoncer qu’elle a un cancer. Au début, il prend cela pour un accident de parcours qui va simplement retarder de quelques mois la réalisation du film mais l’état de santé de la romancière s’aggrave et elle décèdera quelques mois plus tard.

Pendant tout ce temps, Alain Cavalier a filmé son quotidien, ses rencontres avec Anne, avec Emmanuèle. Petit-à-petit, la narration s’est construite. Sa caméra est son carnet de notes : « Je stocke inlassablement des images en me disant qu’un jour, je pourrait peut-être en faire quelque chose » déclare-t-il.

Alain cavalier présente plus que son quotidien, il filme le quotidien. Il y a une rapport au temps, un rapport au deuil qui nous renvoie à l’intime. Mais « Etre vivant et le savoir » est-il un documentaire ou une autre forme d’expression cinématographique ?

« Filmer des acteurs me donnait l’impression d’être un tenancier de bordel. Grâce à la miniaturisation, je me suis retrouvé seul et j’ai commencé à faire ce que je voulais. Seul comme un peintre ou un écrivain. Il ne restait plus que mon point de vue. »

Alain Cavalier part donc à l’improvisation. Parfois, ce qu’il filme est intéressant. Souvent, ce sont des déchets. Mais tout est un premier jet. « Moi, je me situe dans l’immédiat. Si je devais reprendre ma voix, je sais que ce ne serait pas bon. Certains acteurs deviennent bons à la 10ème prise. Pour ma part, c’est directement. Et si ce n’est pas le cas, alors j’abandonne et je cherche une autre idée. »

Le cinéma d’Alain Cavalier est radical : seul avec son caméscope, il fait tout : l’image (jamais étalonnée), le son (un micro canon accroché à la caméra. Le son est retravaillé en post-production lorsque certains passages ne sont pas audibles), le montage (il admet une aide précieuse de son épouse et des conseils de son producteur). Point.

Fiche technique
Titre : Etre vivant et le savoir
Réalisation : Alain Cavalier
Avec : Emmanuèle Bernheim, Alain Cavalier
Pays : France
Genre : Documentaire
Date de sortie : 05/06/2019 (France) – Inconnue (Belgique)
Durée : 1h22
Sélection : Séance spéciale – Festival de Cannes 2019 – Sofilm Summercamp 2019

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