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Eurovision 2017: Retour sur une édition remarquable

Pourquoi aime-t-on l’Eurovision? Créé en 1956, le concours avait pour but d’unir les peuples européens autour de la musique, quelques années seulement après que notre continent ait été ravagé par la 2e guerre mondiale. Cette année, alors que samedi encore, des civils périssaient à l’Est de l’Ukraine, en proie à un conflit armé, la thématique de cette édition était terriblement bien choisie: « Celebrate Diversity ». Cette diversité européenne, nous l’avons bien ressentie. L’Europe est souvent décrite comme malade, trop vieille et sans âme. A Kiev, les drapeaux européens étaient fièrement arborés et un immense sentiment d’amitié et de fraternité entre tous les fans du festival nous prouvaient que pour sa 62e édition, l’Eurovision n’oublie en rien son origine première.
Voici ce qu’il faut en retenir.

Un gagnant inédit

Participant depuis 1964, le Portugal a dû attendre sa 49e participation pour enfin remporter le concours. Salvador Sobral, jeune lisboète de 27 ans, a charmé le public et le jury avec son interprétation toute en simplicité et en émotion. Il empoche 758 points et termine loin devant la Bulgarie et la Moldavie. Ses premiers mots de vainqueur lui ont servi de tribune, lui qui défend une musique sans artifice et pleine de sentiments.

Sa chanson, « Amor pelos dois », a été écrite et composée par sa soeur Luisa Sobral, qui l’a rejointe sur scène pour interpréter à nouveau la chanson gagnante. Cette composition jazz et romantique évoque un homme implorant l’être aimé à revenir. Entièrement chantée en portugais, « Amor pelos dois » prouve surtout que les participations en langue nationale peuvent encore triompher. Elles n’étaient (hélas) que 4 en compétition cette année. Le Portugal, de retour après un an d’absence pour raisons financières, devra désormais prendre en charge l’organisation en 2018. La RTP a déjà annoncé que Lisbonne serait la ville-hôte.

La Belgique toujours au top

La satisfaction était également de mise dans le camp belge après la 4e place de notre candidate, Blanche. Parfois critiquée après sa demi-finale, la jeune bruxelloise de 17 ans n’a pas tremblé samedi. Au contraire, elle est apparue plus détendue et a merveilleusement défendu « City Lights », chanson composée par Pierre Dumoulin et Emmanuel Delcourt. Les téléspectateurs européens ne s’y sont pas trompés puisqu’ils l’ont classée 4e. Les jurys ont hélas moins apprécié notre contribution mais en terminant au pied du podium, Blanche égale l’excellent classement de Loïc Nottet en 2015 et permet à la Belgique de finir pour la troisième fois consécutive dans le top 10, ce qui n’était plus arrivé depuis les années 70.

Au delà de ce bon résultat, « City lights » est déjà disque d’or chez nous et son parcours offre d’excellentes audiences à la RTBF, avec plus de 500.000 téléspectateurs pour la finale. Sur l’ensemble du pays, ce sont 1,7 million de belges qui auront suivi l’Eurovision, signe d’un intérêt toujours aussi grand. L’année prochaine, c’est la VRT qui aura la lourde tâche de choisir notre candidat. Le télédifusseur flamand a déjà annoncé qu’il sera choisi en interne (sans sélection nationale donc).

Un show en demi-teinte
Après des mois d’incertitude, de drames et de démissions, la télévision ukrainienne nous a finalement offert un beau spectacle, fortement aidée par des équipes venues de Suède. Bien entendu, la qualité de la production, des entractes ou des présentateurs n’a pu rivaliser avec l’édition 2016, année référence tant elle avait impressionnée par son professionnalisme. Cependant, nous avons eu droit à un cocktail gagnant: un brin de modernité, quelques bonnes chansons kitsch, de la paillette, du feu d’artifice, de très belles voix (parfois de moins bonnes aussi) et quelques surprises, comme les fesses de ce spectateur qui est monté sur scène alors que Jamala, la gagnante de 2016, interprétait sa nouvelle chanson durant l’entracte.

La grande déception aura sans doute été l’affluence dans la salle. On peut estimer que seulement trois-quart du centre d’exposition international était rempli. Les atermoiements de l’organisation ukrainienne et l’incertitude politique du pays en auront sans doute refroidi beaucoup. L’ambiance sur place n’en a heureusement pas trop souffert.

Kiev a relevé le défi
On nous promettait le chaos, un concours sans euroclub (la boîte de nuit officielle), avec des conditions difficiles pour la presse, pour les fans homosexuels, avec des transports en commun défaillants, sans Eurovision Village… Il n’en fut rien! Kiev a relevé le défi de l’organisation et nous avons été reçus avec beaucoup de bienveillance et de chaleur. Les soirées Eurovision ont fait battre le coeur des nuits kiéviennes, l’alcool (très) peu cher rendant les fêtes encore plus délurées. Qu’importe l’heure de la journée, l’Eurovision Village a fait le plein, les habitants s’y sont pressés, très fiers d’accueillir l’Europe dans leur ville. Aucun incident n’est venu perturber cette belle fête et les conditions de travail furent optimales, grâce entre autre à l’efficacité d’une armée de volontaires très dévoués et terriblement désireux de montrer leur pays sous ses meilleurs contours.

A vrai dire, beaucoup de ces rumeurs apocalyptiques avaient été relayées par des médias russes. L’ombre du grand voisin a plané durant toute cette édition malgré l’absence du pays suite au feuilleton lié à la sélection de Yulia Samoilova. Jamais un concours n’aura été organisé dans de telles conditions de sécurité. La police, les forces spéciales et l’armée ont été déployées en force pour éviter tout incident qui aurait pu nuire à l’image de l’Ukraine.

Si les voyageurs européens auront pour beaucoup passé un séjour agréable et festif à Kiev, notre espoir à tous restera surtout que l’Ukraine surpasse la crise dans laquelle le pays est plongé depuis de nombreuses années, afin d’offrir à ses habitants un avenir serein et prospère.

Pour ma part, c’est avec beaucoup de plaisir que j’aurais pu vous informer sur le concours ces derniers mois. MERCI à Mister Emma de nous permettre d’en discuter encore et à l’année prochaine, depuis Lisbonne!

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