On a eu chaud! Comme en 2015 et 2016, l’UER n’a pas ménagé les nerfs des téléspectateurs belges en annonçant notre pays comme dixième et dernier qualifié pour la finale. Blanche a donc franchi la première étape, permettant à la Belgique d’être représentée ce samedi. Après des années de disette, notre pays devient un habitué des finales, tout bénef’ pour la RTBF qui peut s’attendre à nouveau à de belles audiences. Contrat rempli aussi pour la télévision ukrainienne qui nous a offert un show très réussi, même si on a regretté un manque d’originalité et de saveurs locales, l’ensemble faisant penser très fortement à l’édition 2016. De fait, les producteurs du show sont, pour la plupart, suédois. Voici notre débriefing de cette demi-finale, si vous avez loupé cette première émission!

Les tops 

10 pays se sont qualifiés et ont été annoncés dans un ordre aléatoire. Samedi, nous retrouverons la Moldavie, l’Azerbaïdjan, la Grèce, la Suède, le Portugal, la Pologne, l’Arménie, l’Australie, Chypre et la Belgique. Parmi ceux-ci, on retiendra la Suède représentée par Robin Bengtsson, physique de mannequin H&M, et sa chanson « I can’t go on » hyper efficace, mise en scène tape-à-l’oeil en mode Basic Fit, lui et ses danseurs exécutant une chorégraphie sur des tapis roulants. Il faudra à nouveau compter sur ce pays pour la victoire finale.

Malgré de nombreuses critiques, Blanche a finalement obtenu sa qualification. Sa prestation va certainement susciter de nombreux débats mais sa fragilité et son naturel n’ont pas tant desservi l’excellente « City Lights ». Au contraire, Blanche incite à beaucoup d’empathie et ses émotions traduisent bien l’univers de sa chanson. Elle est en tête des charts iTunes après la demi-finale, visiblement les téléspectateurs européens sont entrain d’accrocher… de bon augure pour samedi!

Enfin, la vraie révélation de la soirée aura été la prestation tout en subtilité de Salvador Sobral. Nombreux sont ceux qui le pointaient parmi les favoris potentiels. Le portugais a délivré une prestation magique, tout en mimiques attachantes, sublimant encore une fois « Amor Pelos Dois », chanson délicieusement romantique et nostalgique. Au milieu de la foule du centre international des expositions de Kiev, il a touché au coeur de nombreux européens et a récolté les applaudissements les plus nourris.

Parmi les autres qualifiés, on notera le retour du saxophoniste fou moldave, qui avait déjà défrayé la chronique en 2010, la kitchissime mise en scène grecque et la prestation chypriote, très (trop?) fortement inspirée de Loïc Nottet.

La grande inconnue résidait enfin dans la capacité des ukrainiens à organiser un tel show. Pari tenu, techniquement, mais aussi dans la salle, bien remplie pour une première demi-finale (même si elle manquait parfois un peu de vitalité). Les cartes postales de présentation des artistes sont très bien réalisées et jouent sur le phénomène du mannequin challenge. On a hâte de voir les deux shows suivants!

Les flops

Il y a eu des déceptions aussi, bien entendu. La Géorgie, l’Albanie, le Monténégro, la Finlande, l’Islande, la République Tchèque, la Slovénie et la Lettonie n’ont pas réussi à atteindre la finale. C’est surtout l’élimination finlandaise qui a fait parler d’elle, la prestation pourtant très touchante aura sans doute été jugée un rien trop dark par les téléspectateurs et les jurys. A noter aussi que ce sont surtout les divas à grandes voix qui sont passées à la trappe, les hurlements géorgiens, albanais ou tchèques n’ont point convaincu.

La palme de la prestation la plus extravagante revient au Monténégro. Slavko Kalezic a joué avec sa natte et enchanté la scène avec sa prestation très très queer. Elle aura hélas provoqué les rires plutôt que l’adhésion. « Space » restera surement dans les annales du concours, une de ces participations que l’on ressort chaque année pour illustrer l’aspect plus extraverti de l’Eurovision.

De manière générale, alors que les attentes étaient très élevées pour cette demi-finale, elle s’est avérée un rien décevante dans le niveau des chansons. Nul doute que ce premier écrémage permettra de densifier la qualité samedi prochain.

Pour ma part, je m’envole demain pour Kiev et vous tiendrai au courant de ce que vous ne verrez pas à l’écran!

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