Shabbat Shalom, Eurovision Lovers! 

De retour au centre de presse, voici quelques nouvelles fraîches de Tel Aviv. L’arrivée du weekend et des dernières délégations lancent pleinement la semaine Eurovision. Le concours est de toutes les conversations et parfois même dans des situations assez incongrues: J’en tiens pour preuve cet office religieux de début de Shabbat célébré en plein air où les fidèles chantaient leurs prières sur des airs d’anciennes chansons israéliennes (sic!). Nous n’avons cependant pas eu droit à des passages de la Torah au rythme de « Diva » de Dana International. J’en demande sans doute de trop. A part ça, je vais vous sortir la même rengaine que d’habitude. Entre les arrivées nocturnes en Israël de mes camarades de voyage, les gin tonics et les longues marches, mes nuits sont bien trop courtes et je ne vous dis pas la tête que j’avais quand j’ai pris la navette pour le TLV Expo ce matin.

Mais revenons à nos moutons… Ou plutôt à notre agneau! Eliot Vassamillet, notre candidat, m’épate de jour en jour. Du haut de ses 17 ans, il assure. La moyenne des candidats de la RTBF est toujours aussi basse. Après Roberto Bellarosa, Loïc Nottet et Blanche, je pense que Eliot est définitivement celui qui s’en sort le mieux dans les coulisses du monde impressionnant de l’Eurovision. Il se débrouille très bien en anglais ce qui lui permet de répondre aisément à la presse internationale. Plus jeune membre de le Team Belgium, il l’avoue lui-même, il est un petit bébé cocooné et chouchouté par le reste de l’équipe. Même s’il stagne encore dans le classement des favoris, tout le monde a été unanime pour dire qu’il y avait une nette amélioration entre sa première et sa deuxième répétition. Eliot joue avec les caméras, se déplace mieux sur la scène, on voit qu’il prend beaucoup de plaisir et ça se ressent à l’écran. Avec sa tête d’ange, il me fait un peu penser à Roberto en 2013, un astucieux mélange de fragilité et de conviction.

Eurovision 2019 – L’équipe belge en conférence de presse à Tel Aviv – ©DMD

En conférence de presse, beaucoup se posent de questions sur les choix scéniques de notre participation. Eliot est accompagné de deux danseurs qui battent le rythme sur des tambours d’inspiration asiatique. On est ici à mille lieux du style plus épuré du clip vidéo de la chanson. Dans ce dernier, on voit Eliot dans un hangar, ambiance assez sombre au départ. Il est entouré d’une vingtaine de jeunes figurants qui reprennent la chanson avec lui. A la fin, les murs dans lesquels sont enfermés ces jeunes tombent dans une explosion de lumière. Un visuel très fort et très compréhensible que beaucoup s’attendaient à voir reproduit sur la scène de l’Eurovision.

Le clip de « Wake up »

Ce changement a été justifié par Eliot lui-même. Les règles de l’Eurovision interdisant d’avoir plus de 6 personnes sur scène, le metteur en scène craignait qu’on ne puisse reproduire l’effet de masse qui apporte tout le sens du clip vidéo. Du coup, l’équipe a misé sur les percussions pour intensifier le rythme de la chanson. Je ne suis personnellement pas un grand fan de la mise en scène mais cette explication a du sens et avec des bonnes prises de vue, l’effet escompté est atteint.

Eurovision 2019 – Deux danseurs entourent Eliot sur scène – ©DMD

Eliot s’est également confié sur sa rencontre avec Pierre Dumoulin. Le compositeur de sa chanson, « Wake up » (mais aussi de celle de Blanche, « City Lights », en 2017) a pris contact avec Eliot suite à sa participation à The Voice Belgique. Eliot faisait partie de l’équipe de Slimane mais avait été éliminé lors du premier live. Avant de collaborer artistiquement, les deux chanteurs ont échangé sur leurs attentes respectives. Leur première rencontre a eu lieu dans un bar et Eliot a surtout été impressionné par la taille de Pierre. C’est vrai que le leader du groupe Roscoe est un géant. Le feeling est passé, la chanson a été composée, proposée à la RTBF pour le concours et parmi toutes les compositions transmises à la chaîne publique, c’est finalement celle qui était la meilleure, dixit Leslie Cable, cheffe de délégation. J’ai eu l’occasion de demander à Pierre Dumoulin si sa première expérience en 2017 lui était utile pour cette édition. De fait, il y a deux ans, à Kiev, Pierre découvrait le monde de l’Eurovision. Il m’a confié que cette année, il n’avait pas eu ce temps d’adaptation nécessaire pour comprendre la mécanique eurovisionesque. A Tel Aviv, il pouvait conseiller Eliot de manière nettement plus efficace et le diriger vers ce qui rend sa prestation plus télégénique.

Mes questions à l’équipe à partir de 2:30 – video by Songfestival.be

Le marathon des interviews n’étant jamais vraiment terminé, Eliot a ensuite répondu aux questions de quelques journalistes dont votre humble serviteur. Il se prête à l’exercice avec beaucoup de simplicité et de naturel (à écouter ci-dessous). Et rien que pour ça, il a toute mon estime. Ce soir, une réception est organisée en son honneur à l’ambassade de Belgique. Je ne manquerai pas de vous préciser si nous avons eu droit à des Ferrero Rocher ou des chocolats made in Belgium dans un prochain article.

N’oubliez pas de suivre notre candidat dans sa demi-finale, mardi 14 mai 2019, sur la RTBF dès 21h. Eliot passera en 10e position ! 

Stay Tuned!

Partagez avec vos amis !Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone