Les zoomers, cette génération Z née entre 1996 et 2015, n’auront décidément pas un avenir aussi prospère que leurs ainés issus de la génération des baby-boomers (44-64) et même de la mienne, la génération X (65-80) car si même j’ai du affronter les années SIDA ou la précarisation de l’emploi, ce n’est rien face aux défis que la jeune génération actuelle doit et devra faire face.Après avoir subi la crise économique de 2008, vécu la crise migratoire de 2015 et marché pour une prise de conscience sur les changements climatiques, les zoomers vont devoir faire face à la récession annoncée et résultante de la crise sanitaire de 2020 et de ses mesures de confinement qui ont paralysé l’ensemble de la population sans distinction de génération.De nombreux éditorialistes et scientifiques pointent dans leurs analyses un risque de lutte des âges qui pourrait venir perturber nos sociétés.

Le journaliste Tibor Kovacs écrit dans Valasz Online (Hongrie) que « la Belgique représente un précédent négatif, riche d’enseignements. Les jeunes y ont été confinés sans que les vieux soient sauvés pour autant. Plus de la moitié des nombreux morts du pays se sont éteints dans les maisons de retraite. Conclusion, si le gouvernement s’était concentré sur la protection de ces lieux et des anciens, plutôt que de s’évertuer à privé les jeunes de leur liberté, le résultat serait bien meilleur. »
Le philosophe Pascal Chabot voit, dans La Libre Belgique, un confinement avec abnégation de la part de la jeune génération. Il pointe le fait que les boomers « ont connu l’insouciance du pétrole pas cher, la cécité environnementale alliée, parfois, à une sorte d’individualisme désengagé ». Il met dos-à-dos les « après moi le déluge » et ceux qu’il appelle la « jeunesse volée ». « La récession tue » déclare Ian Hickie, professeur au Centre d’Etudes du Cerveau de l’Université de Sydney. André Comte-Sponville va plus loin dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung où il déclare « Sacrifier les jeunes à la santé des vieux, c’est une aberration. Cela me donne envie de pleurer ». Cela ne signifie pas, pour autant, qu’il veuille « sacrifier sa liberté sur l’autel de la santé » tout en sachant qu’il est dans la tranche d’âge à risque (68 ans).

Lorsque Emmanuel Macron a déclaré « pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, les personnes âgées (…) de rester, même après le 11 mai, confinées », les sexagénaires dynamiques ont vu rouge. Après avoir vécu les Trente Glorieuses, la consommation joyeuse et l’arrivée d’une plus grande protection sociale, les boomers, ces vieux ados plein d’énergies, se sont retrouvés comme des individus à risque devant être enfermés pour être sauvés. Et ça, ça passe mal !

Paul Taylor écrit dans Politico que Macron a du rétropédaler suite à ce que « d’influents baby-boomers aient commencé à se rebeller et à menacer de saisir la justice pour atteinte aux libertés individuelles garanties par la Constitution« . Cette phrase me fait, bien évidemment, penser aux arguments des manifestants anti-confinement aux Etats-Unis et aussi à ceux des mouvements anti-vaccins dont la journaliste Sara Vandekerckhove dans De Morgen pointe leur nouveau discours devenu « pro-choix » ou « pro-liberté » plutôt qu’« anti- », un message donc plus large, plus consensuel, plus fédérateur et plus actuel pour parvenir à faire passer leur revendication de base.

En conclusion, je dirais que la privation de libertés, la récession économique et l’incertitude quant à l’avenir sont des thématiques qui nous divisent et qui permettront aux populistes et aux théoricien.ne.s du complot en tous genres de trouver un terrain fertile pour se développer et accroitre nos différences. Restons vigilant.e.s, attentif.ve.s et aimons-nous quelque soit la génération à laquelle nous appartenons. Nous avons tou.te.s quelque chose à apprendre à l’autre et de l’autre.

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