Ce soir, sur la scène du Grand Théâtre Lumière, le maître de Cérémonie, Edouard Baer, a accueilli le Jury de la compétition officielle présidé par Alejandro Gonzalez Iñárritu, pour l’annonce du Palmarès 2019, un palmarès qui a laissé de nombreux observateurs bouche bée.

Pour misteremma.com, nous sommes plutôt contents des résultats même si la répartition n’est pas vraiment comme nous l’aurions imaginée et que nous pouvons regretter l’absence de « Sybil » de Justine Triet.

PALME D’OR
GISAENGCHUNG (Parasite)
réalisé par BONG Joon-Ho
La Palme d’or a été remise par Catherine Deneuve et Alejandro González Iñárritu.

« Toute la famille de Ki-taek est au chômage et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable dont personne ne sortira véritablement indemne. C’est un vrai film sur les classes sociales. C’est savoureux comme tout, c’est sarcastique, c’est une comédie et en même temps un film de genre. Le film est délirant et extrêmement bien ficelé. Il y a un double regard sur les riches et sur les pauvres. Il y a eu de grands moments durant la projection à la presse car les journalistes ont applaudit à plusieurs moments. » (Nicolas Gilson)

GRAND PRIX
ATLANTIQUE
réalisé par Mati DIOP
Le Grand Prix a été remis par Sylvester Stallone.

Co-poduction belge, « Atlantique » de Mati Diop n’était pas le favori de Nicolas Gilson : « Une fois de plus, nous avons une photographie d’une société. Le film a quelque chose d’organique qui fonctionne bien même si le tout est un peu long. La réalisatrice a bossé avec Claire Denis, cela se ressent et c’est plutôt positif. » Ce jour-là, il avait vu « Bacurau » de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles qui avait bien plus retenu son attention.

« Construit à priori de manière classique, le film révèle une profonde sensualité. Il y a un rapport au corps, il y a une lumière irradiante et, finalement, c’est un film que j’ai envie de revoir. »

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE
LE JEUNE AHMED
réalisé par Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne
Le Prix de la Mise en Scène a été remis par Viggo Mortensen.
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Je ne vous cacherais pas que j’ai été étonné de voir le film belge phare de cette édition dans cette catégorie car c’est un peu comme si on leur donnait le prix des effets spéciaux ! Le 8ème film des frères Dardenne n’en reste pas moins une réussite comme un témoigne notre critique.

« Ils arrivent à s’approprier un sujet sans être vindicatifs, sans orienter le regard. Ils se posent des questions à travers un personnage rempli de paradoxe. Physiquement, le jeune Ahmed est complètement effacé et, en même temps, il est complètement déterminé. « Le Jeune Ahmed » est un thriller dans lequel la tension est exacerbée peu à peu sans artifice. » (Nicolas Gilson)

Affiche du film « Le Jeune Ahmed » de Jean-Pierre et Luc Dardenne

PRIX DU JURY
LES MISÉRABLES
réalisé par Ladj LY
EX-AEQUO
BACURAU
réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO et Juliano DORNELLES
Les Prix du Jury ont été remis par Michael Moore.

« Les Misérables » fut la première claque du festival : « Il y a bien quelques longueurs mais heureusement car elles nous permettent de nous sortir du scénario glaçant qui à la fois se rapproche du documentaire et en même temps semble très écrit. Mon ressenti pour ce film est que ces populations oubliées de tous n’ont aucun avenir, aucun espoir. C’est un film hyper noir. Il m’a vraiment foutu le bourdon ». Le film a également reçu le Prix CST de l’Artiste-Technicien 2019  : Flora VOLPELIERE pour le montage et Julien POUPARD pour le cadre et la lumière.

PRIX D’INTERPRÉTATION MASCULINE
Antonio BANDERAS dans DOLOR Y GLORIA (Douleur et Gloire)
réalisé par Pedro ALMODÓVAR
Le Prix d’interprétation masculine a été remis par Zhang Ziyi.
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« c’est le retour d’Almodovar. C’est un film tendre, authentique. C’est un biopic ou un faux biopic ! » (Nicolas Gilson)

Antonio Banderas – Cannes 2019 – ©Carol Koca avec l’aimable autorisation de MasterCard

PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE
Emily BEECHAM dans LITTLE JOE
réalisé par Jessica HAUSNER
Le Prix d’interprétation féminine a été remis par Reda Kateb.

« C’est assez prodigieux. C’est fantastique dans tous les sens du terme. Ça parle de manipulation génétique. L’histoire qui semble toute simple au premier regard se complexifie petit-à-petit. Il y a énormément de doute durant le film où tu ne sais plus à qu’y te fier et cette notion fonctionne très bien dans le film. La mise-en-scène est éblouissante, la photo est super belle. Il y a un vrai travail sur le son. C’est parfois un peu figé dans la réalisation, tout peut paraître artificiel même au niveau des décors, il y a quelque chose de très clinique. Maintenant, je dois bien vous avouer que l’accueil par la presse a été assez froide. Mais, moi, je suis rentré dedans, c’est une intéressante photographie de notre société où nous sommes tous sous anti-dépresseurs… » (Nicolas Gilson)

L’accueil de ce prix pour l’actrice Emily Beecham a été plus que froid lors de la cérémonie. Les journalistes – hormis Nicolas – n’ont pas vraiment aimé le film. Maintenant, ce n’est pas peut-être dans cette catégorie que nous aurions vu « Little Joe » à qui nous aurions préféré Virginie Efira comme Prix d’Interprétation féminine pour son rôle de « Sybil » dans le film de Justine Triet.

PRIX DU SCÉNARIO
Céline SCIAMMA pour PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU
réalisé par Céline SCIAMMA
Le Prix du Scénario a été remis par Gael García Bernal.

D’amblée, nous aurions vu « Portrait de la Jeune fille en Feu » de Céline Sciamma comme Palme d’Or de ce festival mais le jury en a décidé autrement et on se réjouira pour la réalisatrice de ce Prix du Scénario.

« C’est une merveille. Elle mérite la Palme. C’est un film intelligent qui questionne la place des femmes dans l’histoire et qui replace la femme dans l’Histoire. C’est brillant car c’est un film hyper féministe sans être vindicatif. On est confronté au droit à l’avortement et confronté à la question de la représentation. Il faut le figurer pour qu’il puisse exister dans l’Histoire. » (Nicolas Gilson)

On se souvient que Xavier Dolan – qui est reparti sans prix pour « Matthias et Maxime » – s’était fendu d’un texte magnifique sur son Instagram pour le film de Céline Sciamma. Extrait : « Je ne parviens pas à me souvenir la dernière fois que j’ai vu et entendu tant d’intelligence, de délicatesse, de profondeur et de soin dans l’écriture d’un film. (…) Adèle Haenel est hypnotisante, et bien que la froideur méticuleuse du film en soit l’un des aspects des plus réussis, c’est l’amour déclaré à Haenel dans et à travers cette histoire qui constitue la force cachée du film, et qui l’a fait me hanter dans mon sommeil la nuit dernière. (…) »

MENTION SPÉCIALE
Elia SULEIMAN pour IT MUST BE HEAVEN
La mention spéciale a été remise par Chiara Mastroianni.

PALME D’OR DU MEILLEUR COURT METRAGER
THE DISTANCE BETWEEN US AND THE SKY
réalisé par Vasilis KEKATOS

MENTION SPÉCIALE DU JURY
MONSTRUO DIOS
réalisé par Agustina SAN MARTÍN
La Palme d’or et la mention spéciale du Jury pour les Courts Métrages ont été remis par la Présidente du Jury des Courts Métrages et de la Cinéfondation, Claire Denis et par Nadine Labaki, Présidente du Jury Un Certain Regard.

CAMERA D’OR
NUESTRAS MADRES
réalisé par César DÍAZ
présenté dans le cadre de LA SEMAINE DE LA CRITIQUE où il a reçu le Prix SACD
Le prix de la Caméra d’or a été remis par le Président du Jury de la Caméra d’or, Rithy Panh et par Valeria Bruni-Tedeschi.
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Equipe du film Nuestras Madres de Cesar Diaz – Cannes 2019 – ©Jeremy Jakubowicz pour misteremma.com
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