Hier soir, j’étais branché avec mes amis français sur France 2 pour suivre la soirée d’une élection présidentielle événement. Rien durant les trois mois qui ont précédé cette élection ne s’est déroulé comme prévu : les favoris à droite et à gauche désavoués par leur base, la droite engluée par l’affaire Pénélope Fillon, la gauche de son côté a vu ses élus partir un à un vers celui qui gagnera le premier tour de ces élections, un winner hors norme sorti de nulle part, une sorte de Sarkozy au sourire plus blanc et à la jeunesse ravageuse à la Trudeau gesticulant un projet de renouveau sans véritable programme.

A l’extrême, les affaires d’emplois fictifs à l’Europe de Marine Le Pen n’ont en rien découragé ses partisans. Au contraire, ils n’ont jamais été si nombreux à voter pour l’extrême droite française : plus de 7 millions, soit à peine 700 000 de moins qu’Emmanuel Macron ! A gauche, l’ancien Ministre délégué à l’Enseignement professionnel sous Lionel Jospin, devenu insoumis, fait 8% de mieux qu’en 2012 mais reste 4ème. Jean-Luc Mélanchon ne digère pas sa défaite durant toute la soirée et appelle à la prudence comme si, en se réveillant ce matin, nous allions avoir une surprise. Mais non ! Les chiffres confirment sa 4ème place.

Emmanuel Macron : 24,01%
Marine Le Pen : 21,30% (17,9% en 2012)
François Fillon : 20,01%
Jean-Luc Mélanchon : 19,58%
Benoît Hamon : 6,36%
Nicola Dupont-Aignan : 4,70% (1,79% en 2012)
Jean Lassalle : 1,21%
Philippe Poutou : 1,09% (1,15% en 2012)
François Asselineau : 0,92%
Nathalie Artaud : 0,64% (0,56% en 2012 alors qu’Arlette Laguillier parvenait à faire 1,33% en 2007)
Jacques Cheminade : 0,18% (0,25% en 2012)

Avec exactement 36 058 813 votants (bulletins validés), il aura manqué seulement 465 696 voix à François Fillon pour prendre la place de Marine Le Pen et 618 608 pour Jean-Luc Mélanchon ! Quand on sait qu’il y a eu 659 302 bulletins blancs, 285 431 bulletins nuls et 10 577 572 abstentionnistes, on se dit qu’il est grand temps de ne pas faire le con pour le deuxième tour et de voter utile pour le coup si on ne veut pas l’effondrement de la France et de l’Europe !

Cette élection fut celle aussi des « petits candidats », ceux que l’on entend que 15 jours avant les élections lorsque le système oblige les médias à un temps de parole strictement identique pour tous. Ce système aura profité à Nicola Dupont-Aignan qui triple son score de 2012… à moins que ce ne soit son passage chez Cyril Hanouna qui en soit la conséquence car pour les autres : aucun effet ! Même pour le candidat aux punchlines assassines : Philippe Poutou fait moins bien qu’en 2012. Son intervention contre l’armement des policiers lors de la soirée électorale du jeudi 20 avril 2017 sur France 2 au moment où un policier se faisait tuer sur les Champs-Elysées lui aura peut-être été fatale.

Front populaire

Le 21 avril 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour face à Jacques Chirac, un front populaire s’est immédiatement mis en place pour faire barrage à l’extrême droite. Les choses sont bien différentes en 2017 car si les parties démocratiques traditionnels ont bel et bien appelé à faire barrage, il n’en est pas de même pour les autres. Jean-Luc Mélanchon refuse de donner une consigne. Philippe Poutou considère que Macron n’est pas un rempart contre le FN et a refusé d’accorder son soutien à l’ancien ministre de l’Economie. Nicola Dupont-Aignan semble attendre l’appel du pied de Marine Le Pen avant de se prononcer. Il est tout aussi difficile de choisir pour le PCD et pour le mouvement Sens commun (émanation de la « Manif pour tous »). Chritine Boutin a quant à elle été plus clair, elle ouvre la porte à Marine Le Pen.

L’heure est à la fête !
Emmanuel Macron affrontera donc Marine Le Pen le 30 avril prochain pour le second tour des élections françaises. Une première victoire qui a été fêtée de manière très différentes dans les deux camps.
D’un côté, les images de France 2 montraient une fête à Henin-Baumont, fief de la candidate du Front National. Quelques vieilles dames se déhanchant dans une fin de soirée ringarde.

Du côté du candidat En Marche!, les images ressemblaient plus à une victoire de second tour : une caméra embarquée sur un scooter suivait le convoi Macron vers la brasserie parisienne, La Rotonde, où people (Line Renaud , Stéphane Bern, Pierre Arditi ou Jacques Attali) et soutiens de la base (secrétaires et officiers de sécurité) étaient conviés à fêter cette première victoire. Ces images n’étaient pas sans rappeler la célébration au Fouquet’s de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’issue du second tour de la présidentielle en 2007. Une première faute grave pour Emmanuel Macron ? Son camp s’énerve sur cette polémique mais quand on donne un os à ronger à ses adversaires, on ne recueille que ce que l’on a semé…


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