Le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait été saisi, en 2016, pour deux séquences de l’émission Touche pas à mon poste sur C8 :

3 novembre 2016 : c’est l’affaire du canular sur Matthieu Delormeau où Cyril Hanouna avait donné rendez-vous à un producteur américain afin de discuter de la venue possible de Tom Cruise dans l’émission. Le producteur américain était joué par un comédien-cascadeur. Matthieu Delormeau était présent au rendez-vous. Rapidement, le rendez-vous vire au drame : Cyril Hanouna pique une colère contre le producteur, ce dernier chute lourdement et reste inconscient sur le sol. Dans la panique, Cyril Hanouna accuse Delormeau… de meurtre.
Le CSA a estimé que le chroniqueur présenté comme témoin d’une agression mortelle commise par l’animateur, est sommé de s’accuser du crime et apparaît n’être informé de la manipulation que le lendemain, ce qui l’a placé dans une situation de détresse et de vulnérabilité manifeste pendant toute la durée de l’émission.

En diffusant cette séquence la société C8 a gravement méconnu son obligation de faire preuve de retenue dans la diffusion d’images susceptibles d’humilier les personnes.

Sanction : Cette séquence vaut à TPMP une semaine de suspension de publicité. Cette sanction s’applique aux émissions en direct comme à leurs rediffusions, pendant l’émission, ainsi que 15 minutes avant et 15 minutes après sa diffusion.

Matthieu Delormeau / TPMP : La grande Rassrah ! – Capture écran C8

7 décembre 2016 : c’est l’affaire de la main de Capucine Anav sur le sexe de Cyril Hanouna. Diffusée dans la chronique 4/3 de l’humoriste Jean-Luc Lemoine, cette séquence off (donc non diffusée à l’antenne lors de son tournage) montre Cyril Hanouna demander à sa chroniqueuse Capucine Anav de deviner la partie de son corps qu’elle touchait à l’aveugle. Après le torse et le bras, Cyril Hanouna a placé la main de la jeune fille sur son sexe.

Le CSA a estimé que cette scène méconnaissait les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 qui lui donnent la responsabilité de lutter contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes, en particulier dans les émissions ayant un impact important sur le jeune public.

Sanction : Cette séquence vaut à l’émission deux semaines de suspension de publicité. Cette sanction s’applique aux émissions en direct comme à leurs rediffusions, pendant l’émission, ainsi que 15 minutes avant et 15 minutes après sa diffusion.

Ces 3 semaines de coupures publicitaires coûteraient entre 2 et 4 millions d’euros au groupe Canal+. Pour rappel, une autre séquence polémique avait entraîné l’arrêt de la diffusion de la publicité pendant le programme fin mai 2017. Le coup de ce canular homophobe avait déjà coûté près d’1 million d’euros à la chaîne. A ce rythme là, la poule aux oeufs d’or qu’est Hanouna pour le groupe Canal+ va vite devenir un boulet.

Mise-à-jour 9 juin 2017

C8 n’a pas tardé à réagir en affirmant que ces sanctions frappent « par leur caractère disproportionné et discriminatoire ». La chaîne parle d’acharnement en pointant un « traitement inéquitable dont ‘Touche pas à mon poste’ est victime de la part du CSA, alors que de nombreuses problématiques diffusées à la télévision et à la radio ne font quant à elles l’objet d’aucune réaction. Ces sanctions vont inévitablement fragiliser l’équilibre économique de la chaîne. C8 prendra toutes les mesures juridiques appropriées ».

Hier soir, Cyril Hanouna a ni plus ni moins proposé un troc au CSA : il propose le maintien de la publicité avec reversement des recettes à des associations caritatives. Ainsi, l’animateur se met à nouveau en avant en montrant sa bonne action et en mettant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel dans le camp des salauds s’il n’accepte pas cet honorable échange. En définitive, Hanouna n’a toujours pas compris le mal qu’il avait fait avec ses deux canulars.


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